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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 16:09

Quand une génération en retrouve une autre


 

 

De notre envoyé spécial.(c'est daniel Zerbib)

" Il faut que les gens s'ouvrent, et parlent enfin de la guerre d'Algérie, parce que cela nous intéresse ", déclare avec candeur Aurélie, élève de terminale au lycée d'enseignement professionnel Marcel-Pagnol de Limoges. Ils sont six, âgés de dix-huit à vingt ans, à évoquer le travail original mené l'an dernier sur l'idée de leur professeur d'histoire, Danielle Restoin, sur ce qui fut appelée " la guerre sans nom ". Egalement sans mots et sans visages pour les vingt-deux élèves de la classe de première " services " qui, en septembre 2000, se voyaient proposer de réaliser un documentaire audiovisuel sur un événement local lié à la guerre d'Algérie. Baptisée Guerre et Bâillon, le film de vingt-six minutes recueille les impressions des habitants d'un petit village du Limousin où eut lieu, il y a quarante-cinq ans, une protestation pacifiste contre le départ des rappelés, durement punie par la justice militaire.V1 La Villedieu Révocation du Maire

Nous sommes le 7 mai 1956. Guy Mollet, président du Conseil, a fait voter les pouvoirs spéciaux. Tandis que des dizaines de milliers d'hommes s'apprêtent à partir pour des " opérations de pacification ", un camion militaire s'arrête dans le petit village de La Villedieu, dans la Creuse. Il est 19 heures. Vingt-quatre réservistes rappelés se trouvent à bord de ce véhicule du 20e régiment d'artillerie de Limoges, en retard sur le convoi qui avait traversé le village tout l'après-midi pour rejoindre le camp de La Courtine, centre de regroupement. " La petite localité était calme en cette fin de journée, les gens récupéraient, après leur longue journée aux champs, dans les chantiers ou les ateliers ", racontera l'ancien maire de La Villedieu, René Romanet, menuisier de son état, dans ses mémoires intitulées le Chemin d'un prolétaire. Le comédien Denis Lavant en lit des extraits dans le documentaire réalisé par les élèves : " Ils entendirent tout à coup un grand bruit de voix, criant des slogans hostiles à la guerre d'Algérie, à Guy Mollet et à Robert Lacoste. " En fait, l'un des rappelés vient de forcer le chauffeur du camion à stopper en l'attrapant par le col. Les passagers descendus, une manifestation s'organise, à laquelle se joignent les villageois.

Car La Villedieu ne se résume pas à un décor agreste de carte postale. Ancien résistant, le maire communiste partage son opposition à la guerre d'Algérie avec beaucoup de ses administrés, et avec d'autres Creusois du plateau de Gentioux, commune où se dresse l'un des rares monuments aux morts de 14-18 pacifiste : un garçonnet en sabots tend son poing vers l'univoque inscription : " Maudite soit la guerre ". Elle vient de la terre des maçons de la Creuse, qui partaient à pieds vers la capitale pour construire le Paris d'Haussmann, mouraient aussi sur les barricades de la Commune et ramenaient au pays leur révolte, leur instruction et leur conscience politique. Une " terre de résistance " qui paya de très lourds tributs humains à la Première Guerre mondiale avant de nourrir l'un des plus puissants maquis de France.

" Pendant la nuit, c'était un peu la fête et ce n'était pas très politisé ! ", se souvient la fille de René Romanet, qui avait alors quinze ans. Mais au petit matin, gendarmes et CRS investissent le bourg, arrêtent le maire, l'instituteur, Gaston Fanton, lui aussi communiste et venu d'un village voisin, et Antoine Meunier, un habitant de La Villedieu. Tous trois seront condamnés à de lourdes peines : un an de prison avec sursis et cinq ans de privation de droits civiques pour Meunier, trois ans de prison avec sursis et cinq ans de privation de droits civiques pour Fanton et Romanet, à quoi s'ajoutent pour l'instituteur l'interdiction d'exercer son métier pendant cinq ans, et la radiation de sa fonction de maire pour René Romanet, qui avait souhaité se déclarer " responsable de la manifestation ". Les pétitions et rassemblements de soutien n'y firent rien, pas plus que la visite de Maurice Thorez à la mairie de La Villedieu, en septembre 1956.

c'est un article écrit il y a quelques années(2001 je crois ) par Daniel Zerbib

Daniel Mermet était allé sur place y faire 3 émissions;puis tout est a nouveau retombé dans l'oubli, alors ,là aussi notre François pourrait faire quelques réhabilitations

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commentaires

Y
<br /> Salut Râleuse. C'est dingue dans l'histoire comme les communistes ont toujours trinqués plus que les autres car ceux<br /> sont les seuls à avoir ouverts les yeux et à avoir des c...... pour êtres de tous les combats. Moi aussi je parle de guerre dans mon article, mais pas la même. (NB : mon épaule se remet<br /> doucement, j'ai des séances de kiné 5J/semaine et j'ai récupéré une jolie pièce en titane, une ancre plus exactement, que j'ai pu admirer lors de ma radio de la semaine dernière, j'en ai jusqu'en<br /> mars avril avant de récupérer toutes les fonctions de mon épaule, le problème c'est qu'une épaule ça tourne à 180 °). Bizzzzzzzzzzzzzz à toi de la ti'te youyou29.<br />
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P
<br /> Je ne connaissais pas cet épisode.<br /> <br /> <br /> Merci d'enrichir ma connaissance "d'Ancien d'Algérie" sur ces années qui précédèrent mon service militaire.<br /> <br /> <br /> Ces élus creusois ont toute mon estime.<br /> <br /> <br />  <br />
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C
<br /> Guy Mollo mollo  un socialo non ?<br /> <br /> <br /> Et c'est vrai, que d'ignorance et de non dits sur cette VRAIE guerre<br />
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